Missions

L'Association du Souvenir de Ferdinand de Lesseps et du Canal de Suez est née en 1978, à l'initiative de Jacques Georges-Picot dernier Directeur Général de la Compagnie Universelle du Canal Maritime de Suez puis président de la Compagnie Financière de SUEZ.

Celui-ci a pensé que la vocation de la Compagnie Financière de Suez n'était pas de perpétuer le souvenir de Ferdinand de Lesseps et du Canal de Suez.

Laissé à lui même, ce souvenir serait devenu un mythe de plus en plus lointain, jusqu'à ce qu'il s'efface. D'où la nécessité de créer un organisme qui recevraît le dépôt matériel et moral du passé de la Compagnie Universelle du Canal Maritime de Suez et de son fondateur.

Dépôt matériel d'abord : l'Association est propriétaire - en fait sinon en droit - des archives de la Compagnie, accumulées depuis sa création jusqu'en 1956, soit pendant 100 ans.

Ces archives ont été inscrites en 1997 sur le Registre de la Mémoire du Monde par l'Unesco.

À ces archives, s'ajoute une importante collection de tableaux, statues et maquettes, de documents, de lettres et de souvenirs.

Dépôt moral : c'est sans doute, la mission essentielle de l'Association que de faire vivre le souvenir de Ferdinand de Lesseps et du Canal de Suez ; du jour où cessent d'être présents dans l'esprit des hommes les grands moments de leur histoire comme les grandes réalisations de leur génie, les traces matérielles qu'ils laissent tombent dans l'oubli.

L'action de l'Association a connu des phases successives et complémentaires qui s'inscrivent dans la perspective du projet de son fondateur.

La première phase a été une phase d'organisation, il fallait d'abord assurer la conservation du patrimoine et le rendre accessible aux chercheurs, aux historiens, à tous ceux qu'intéressait l'oeuvre de Lesseps et de la Compagnie.

C'est ainsi que les Archives Nationales ont accueilli et géré les archives à Fontainebleau puis à Roubaix au Centre National du Monde du Travail, devenu en 2007, les Archives Nationales du Monde du Travail.

Puis l'Association s'est rapprochée de la Fondation de France avec laquelle une convention a été passée, confiant à cet organisme la propriété juridique du patrimoine dont la disposition demeurait entre les mains de l'Association.

Cependant, il est apparu que l'oeuvre de Ferdinand de Lesseps n'était pas une chose du passé, domaine des historiens, mais que le canal vivait en Egypte et, selon le voeu de son fondateur, continuait à accueillir, chaque jour, les navires du monde entier.

Le meilleur souvenir que nous gardons de Ferdinand de Lesseps et du canal de Suez est le canal lui-même, vivant et actif, matérialisant mieux que n'importe quel document d'archives ou n'importe quelle gravure, la grande oeuvre réalisée dans l'isthme.

Il est également apparu que cette oeuvre était au plus haut point une réalisation franco-égyptienne et que, dès lors, au-delà d'antagonismes lointains dépourvus aujourd'hui de portée, le canal constituait un lien tangible entre les deux pays.

C'est dans ces conditions que se sont instaurées des relations étroites avec l'Autorité du Canal de Suez. L'Association tient chaque année une réunion de son Conseil d'Administration à Ismaïlia, elle est reçue à la Résidence, elle est associée au projet de musée du canal à Ismaïlia.

De même à Paris, une collaboration permanente unit l'Association à l'Ambassade d'Egypte et, notamment, à son Bureau Culturel.

Enfin, depuis quelques années est mis en oeuvre un programme de numérisation des archives de l'Association, afin que celles-ci soient présentes et accessibles en Egypte ; la prestigieuse Bibliotheca Alexandrina constitue ainsi un "Fonds Suez". Avec le concours de l'Association, un bibliothécaire de la Bibliothèque d'Alexandrie, accomplit chaque année, un stage auprès des Archives de France à Roubaix. Enfin en 2002, la Bibliotheca Alexandrina a organisé une exposition " de l'inauguration du canal de Suez à l'inauguration de la Bibliotheca Alexandrina", qui sous le haut patronnage de l'autorité du canal de Suez et de l'Association, a réuni des spécialistes venus du monde entier.

L'Association est responsable du souvenir du canal de Suez ; mais elle est reponsable également de celui de Ferdinand de Lesseps, et Ferdinand de Lesseps c'est aussi Panama.

Certes, la page est moins glorieuse et, en France au moins, évocatrice d'un scandale auquel le nom de Lesseps, encore qu'il n'en fut pas personnellement responsable, est indissociablement lié.

En France... alors qu'à Panama, Lesseps demeure un grand homme (le Grand Français), celui à qui Panama doit le canal. L'Association a le devoir d'être à la fois présente dans ce pays et de faire connaître en France la place que Lesseps y occupe.

La juste reconnaissance du Panama pour ce qu'a entrepris Lesseps est, sans doute, un puissant antidote à l'ombre qui, en France, recouvre son oeuvre en Amérique Centrale.